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20.08.2008

L’adolescence

Décidément! La vie a décidé de me donner une autre leçon !

Première expérience de la mort d’un être proche.

Cet après-midi là, je ne traîne pas, après l’école je rentre directement à la maison.

J’aperçois ma mère en pleur.

Assise sur le canapé blottie dans les bras de mon père qui la console, je ne vois que son dos

qui bouge aux rythmes des sanglots.

-<< Que se passe t’il ? >>questionnais-je inquiète, mon cartable encore sur le dos.

-<< Ton grand- père est malade, il a un cancer. >> me répond Papa les yeux remplis de

compassion

Je reste là ne sachant que répondre serrant plus fort les bretelles de mon cartable.

Un cancer ? Pensais-je.

C’est quoi cette maladie?

                                   

J’en n' ai bien entendu parler, sans vraiment m’y intéresser, je pensais ne jamais être

concernée par cette maladie!

Naïvement, je pensais que cela n‘arrivé qu‘aux autres.

Je n‘avais même pas songée une seule seconde, que cette maladie que je sais dévastatrice,

puisse toucher notre famille!

C’est pareil pour la mort!

Je ne peux me résoudre à penser qu’un jour elle pourra venir m’enlever mes parents.

Si j’avais le choix, je préfèrerais mourir avant eux!

Hé! Bien non! Ça n‘arrive pas qu‘aux autres, la vie se charge de me le prouver.

Mon grand- père est atteint d’un cancer de la face.

Les médecins ne lui laissent aucun espoir la maladie l‘emportera sur la vie..

Nous allons donc déménager, ma mère veut être prés de ses parents dans cette épreuve.

Ma mère adore sont père, le choc de la maladie est terrible, elle sait qu’il n’y a aucune issue

son papa va mourir.

Nous voilà repartit dans notre ville natale.

Cette fois ci le changement ne me tracasse pas.

De toute façon, je fais mon entrée en 6éme donc je n’aurais pu éviter un changement.

Je quitte le village avec regret.

Je promet aux copines de garder le contact.

Nous aménageons dans un immeuble au pied duquel se trouve la petite villa des grands parents.

Nous habitons au quatrième étage, du balcon nous avons vu sur le jardin des aïeuls.

On ne pouvait pas trouver plus prés!

De jour en jour nous assistons à la dégradation de mon pauvre grand-père ce long

cauchemar qui semble ne jamais finir.

Dégradation morale mais aussi physique.

Son visage est rongé par la maladie.

Un jour, où je m’approche de son chevet, me penchant vers lui tout doucement pour

l’embrasser, il me repousse finement de sa main qui tremble et que je sens faible, il me dit:

-« Petite, ne m’embrasse pas, tu vois bien que je suis pourrit ! >>dit-il d‘une voix lasse.

Alors qu’un pansement cache sa plaie, il n’est pas du tout repoussant!

Ne sachant que dire ni que faire, je reste la droite, les bras ballants, à son chevet, silencieuse

mais pensive.

Il se sent diminuer, humilié par ce crabe qui le ronge.

Cet homme qui dans la vie c'est toujours battu. .

Il a perdu son père très jeune, il lui avait fallut travailler tôt pour aider sa mère à élever ses

jeunes fréres et soeurs.

par la suite il connaît les horreurs de la guerre, la restriction.

Aprés la guerre il aurait pu être heureux mais la mort vient lui arraché un bébé de 6 mois

frappé d'une méningite foudroyante.

Sa fille aînée était née avec une malformation du coeur apellée à l'époque la maladie bleue, il

savait qu'elle ne vivrait pas vieille..

Chaque jour que dieu faisait il vivait dans la crainte de la mort de sa fille.

Elle le quitta à l'âge de quinze ans.

Malgré cela la vie avait toujours pris le dessus, il est toujours sortit vainqueur de tous ces

combats.

Celui qui mène contre la maladie, sera sont dernier, il n’en sortira pas victorieux et cela il le

sait.

Il sent la vie le quitter peu à peu, même s’il n’en parle pas.

Ces paroles peuvent sembler dures à entendre pour une enfant mais je comprend ses

souffrances ..

Je sens dans sa voix la douleur transformée en colère, seul moyen pour lui d’évacuer tous

ses maux.

Il tempête contre cette vie qui ne lui a rien épargné.

Je saisis que ce n’est pas contre moi qui rage, mais contre cette maladie qui le diminue

dans tous les sens du terme.

Il se dégrade de jour en jour il est toujours alité.

Un bruit de casseroles me sort de mes pensées

Ma grand-mère s’affaire dans sa cuisine pour préparer un repas à ce mari tant aimait.

Elle espère seulement que ce léger menu préparé avec tant d’amour ne finira pas à la

poubelle comme les précédents.

Seule la perfusion à son bras le nourrit.

Je donne un point d’honneur, à ma grand-mère qui l’a assisté, soigné et gardé dans sa

maison entouré des siens jusqu’à son dernier souffle.

                                 Il eut la chance(si je puis dire) de pouvoir mourir chez lui dans son lit.

Lorsqu’il fut en phase terminale, même la morphine n’arrivait plus à le soulager.

Devant tant de souffrance l’entourage se sent impuissant face à la maladie qui n‘en fait qu‘à

sa tête, ne pouvant rien faire d’autre que lui parler, lui tenir la main, éponger son front, mais

rien qui ne soulage ses maux.

Lui qui était un homme de foi, qui ne ratait jamais la messe dominicale et malgré sa

souffrance sa foi reste présente jusqu’au bout, j’entend souvent cette même phrase:

-<< Si ce n’était pas la crainte de Dieu, je me serais foutu en l’air depuis longtemps!

>>hurle t-il de douleur

Seuls ces mots suffisent à décrire son calvaire.

Mon grand-père décéda à l’age de soixante et onze ans.

Je ne peux dire que je ressens beaucoup de chagrin.

Voir ma mère pleurer son père me fait de la peine, mais je ne ressens pas vraiment de

douleur après le décès de mon grand-père.

Pour être honnête je ressens plutôt un soulagement, autant pour lui qui enfin ne souffre

plus, que pour notre famille.

L‘ambiance n‘a pas été terrible ces derniers mois.

A Onze ans on ne réalise pas la mort de la même façon que les adultes.

C'est la première fois que je vis le cérémonial catholique d’un mort, les veillées funèbres,

l’église, l’enterrement, tout cela je l’entend dans les discussions d’adulte mais je ne suis pas

autorisé à y participer.

Je ne comprend pas tous ces rituels.

Je suis d’ailleurs surprise lorsque mon père m’interdit d’allumer la télé.

Maman un peu moins à cheval sur les coutumes religieuses, résonne mon père et j’ai la

permission, à condition que le son ne soit pas trop élevé.

Je ne comprend pas pourquoi, alors que nous sommes chez nous et que mon grand-père

repose chez lui.

Quand bien même! Dans son état la télé ne le dérange plus ! .

Je n’aime pas voir ma mère vêtue de noir cela rappelle sans cesse le chagrin.

Quel plaisir à vouloir se faire souffrir ainsi?

Comme si à la perte d’un être cher, le chagrin ressentit ne suffit pas, il faut encore pendant

un an (je crois)se vêtir de noir par respect pour le défunt.

Comme si après on ne le respectait plus, je trouve cela ridicule.

Pour moi porter le deuil nous rappelle sans cesse notre chagrin, et nous nous torturons

l’esprit.

Noir ou pas noir on n’oublie jamais l’être aimer.

Les catholiques seraient t’il maso?

J’arrive à convaincre ma mère d’écourter son deuil et d’ôter ses affreuses robes noires.

Ma mère m’explique quelques jours plus tard ces coutumes catholiques, que je trouve être

stupides.

Cependant cela reste mon avis et je ne juge pas ceux qui les appliquent ,si cela peut les

aider.

Car la peine que l’on ressent lors de la perte d'un être cher est là bien présente et le fait de

continuer de vivre n’est pas anormal!

Cela fait partit de la vie.

Quand il y a la vie, il y a inévitablement la mort!

La nature est ainsi faite tout ce qui vit ,meurt.

C’est donc pour moi du haut de mes onze ans une éventualité et je commence à apprivoiser

la mort, comme faisant partit d’un parcours naturel de la vie.

Si seulement la mort n’était pas un sujet tabou.

Nous ne la craindrions pas autant.

                                              Craignons plutôt la souffrance qui engendre la mortL

la mort pour moi n’est pas une fin en soi, mais une continuité nous quittons juste notre

corps qui nous a servit de véhicule dans cette vie..

La suite d’autre chose de différant sûrement, comment le savoir…

Je préfère croire que nous ne sommes pas sur cette terre par hasard,  nous faisons partit

de cette nature et si nous la regardons de plus prés nous nous apercevons que rien ne

pousse ni vit par hasard sur notre belle planète.

                                                                      

La vie reprend son cours, les aînés quittent le domicile familial pour se marier chacun  leur

tour.

Je suis dans ma treizième année, j’assiste à la dernière scène de violence conjugale.

Ce jour là je ne sais même pas pourquoi mes parents se disputent.

IL se passe moins de cinq minutes dés l’instant ou j’entends des éclats de voix et celui ou

mon père en vient aux mains.

Je m’interpose et l’empêche de frapper, j’arrive à le neutraliser un instant,

Ce qui le rend fou de rage.

Pour la première fois il se retourne contre moi et m’étrangle.

Je me souviendrais toute ma vie de ce regard, les yeux sortant des orbites, un regard de fou!

Devient-il fou dans ces moments la?

Je suffoque mon regard ne quitte pas le sien, je ne sais pas si j’ai peur.

Il ne va quand même pas me tuer!!

Ma mère tente de l’arrêter, ses cris alertent la voisine qui fait irruption dans l’appartement.

A la vue de cette dernière, mon père s’arrête tout net, relâche ses doigts crispés de mon cou.

Ouf! J’ai eu chaud, sans un mot mon père se retire dans la pièce voisine.

La voisine essaie de le résonner mais il ne répond pas.

Il s’est enfermé dans son mutisme.

Peut être est-il choqué par ce qu’il vient de faire?

Peut-être, que cette violence en lui l’étonne ?

Peut être qu’il ne peut la réfréner, il ne sait pas comment la gérer?

N‘y comment gérer la situation après ?

Peut être regrette t-il, mais il n‘a pas les mots pour le dire?

Que peut- il penser de lui ?

Après autant de souffrance infligée aux autres! Mais à lui aussi!

Je reste là pantelante, ma mère me fait boire un verre d’eau, me prend dans ses bras, sans un

mot, doucement elle me berce.

Nous sommes toutes les deux tremblantes, quand je réalise ce qui vient de se passer, je me

sens vidée.

 

Je haie mon père, comment a t’il pu???

Cette scène se passe avant midi, à l’heure du repas nous nous mettons à table.

Malgré cette dispute maman a mis la table pour ne pas réveiller à nouveau les démons qui

semblent habiter mon père.

Midi pile!

Comme à l’accoutumé mon père se met à table, tout ce fait comme si rien ne s’était passé et

pourtant….

Inutile de dire que le repas se passe en silence et qu’aucun de nous trois n’a d’appétit de

toute façon.

Je décide de ne plus adresser la parole à mon père.

Le dîner terminé mon père part au travail.

Nous nous retrouvons seules, aucune des deux ne parle de ce qui vient de se passer.

J’aide ma mère à ranger la cuisine, je l’embrasse et pars rejoindre mes copines.

Je ne raconte toujours rien à personne.

J’essaie de me divertir, en vains dés que je ris, je revois toujours la même scène.

Ma journée est gâchée, je suis triste à l’intérieur de moi.

Je ne laisse rien paraître, je donne l’image d’une adolescente épanouie, rigolote.

Ce soir là avant de m’endormir mes pensées vont vers mon père.

D’abord des pensées de haine puis peu à peu, elles se transforment en incompréhension,

puis en compassion.

Je me demande ce qui pouvait bien déclencher de telles crises de violence chez cet homme

si calme d’habitude.

Je ne le sais pas?

Je lui trouve des excuses, son enfance peut être?

Je n’en sais pas grand chose, tout est flou autour de son enfance.

Il en parle très peu.

Je me reprend et me dis que quoi qu’il ait pu vivre, il n’y a rien qui puisse lui donner le

droit de battre sa femme.

Le sommeil prend le dessus et je m’endors espérant que la nuit effacera cette mauvaise

journée.

Peut être que je vais me réveiller et m’apercevoir que tout cela n’est qu’un affreux

cauchemar.

A mon réveil rien n’a changé !

Heureusement qu’il y a ma meilleure amie Régine.

Elle aussi a des parents pas faciles.

Ce qui nous rapproche dans notre amitié.

Tous ces soucis font de nous des ados très mures.

Je passe beaucoup de temps chez elle.

Régine est fille unique, souvent je dors chez elle.

Si je me suis créer une carapace grâce à l’humour, Régine elle est souvent triste.

Je fais de mon mieux pour la faire sourire, parfois j’arrive à lui décrocher un sourire, même

qu‘une ébauche, à sa vue mon coeur est rempli de bonheur.

Son sourire éclaire son beau visage, ses yeux verts scintillent

 

comme des étoiles aufirmament

Elle est très belle et pourtant pleine de complexes.

Malgré nos peines, nos jeunes années prennent le dessus, nous partageons des fous rires

mémorables de ceux qui font tout oublier l’espace d’un instant.

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